L'agriculture Biodynamique

En 1924, à la demande d'un groupe d'agriculteurs préoccupés par la baisse de la qualité du fourrage et des semences, la vigueur amoindrie des plantes culturales et les signes de dégénérescences dans les troupeaux d'élevage, Rudolf Steiner — philosophe fondateur d'une science de l'esprit — a donné les bases de l'agriculture biodynamique lors d'une série de huit conférences. Proposant une manière approfondie de voir la vie et la nature, son approche part du principe que tous les phénomènes observables dans le monde physique ne sont que la manifestation d'une réalité immatérielle qui, de la périphérie du cosmos rayonne vers la terre. Selon cette vision de l'Univers, la plante, mais aussi les atomes — comme ceux de carbone, d'hydrogène, d'oxygène ou d'azote par exemple — seraient une sorte de condensation d'un principe cosmique. Autrement dit, ils ne seraient pas la cause originelle mais uniquement la manifestation, le pôle physique — la matérialisation — voire l'aboutissement d'un principe et d'un processus beaucoup plus vaste *. En conséquence, pour les comprendre dans leur intégralité, l'analyse physico-chimique exclusive et localisée n'est pas suffisante : comme c'est aussi le cas pour expliquer le mouvement de l'aiguille aimantée d'une boussole qui est causé par les lointains pôles magnétiques terrestres, il faut élargir le champs d'investigation, aussi bien dans l'espace et le temps que vers les sphères supra-sensibles. Et ce n'est pas parce que ces dernières échappent généralement à une détection directe par les instruments de conception classique qu'on doit les ignorer. Car les phénomènes supra-sensibles jouent un rôle clef dans l'organisation de la matière. Se situant à un niveau supérieur au monde physique, ils constituent une réalité fondamentale du vivant. En effet, quelle différence fondamentale y a-t-il entre un arbre en pleine croissance et un piquet de bois mort, un animal plein de vie et un cadavre en train de se décomposer ?

Élargissement des bases scientifiques

Par cette ouverture du regard, la biodynamie élargit les bases scientifiques de l'agriculture, aussi bien conventionnelle que biologique. Ajoutant les notions de principe immatériel et de forces formatrices à celles de processus physico-chimiques et de substance, les notions de globalité et de cohérence à celle d'analyse des éléments, la notion de qualité subjective à celles de qualité mesurable et de quantité, elle tend vers une compréhension plus profonde de l'organisation dynamique, interdépendante et hiérarchisée de la nature. Une nature qui ne peut être ni expliqué ni compris à partir de l'infiniment petit et de la matière inerte. Cette compréhension qualitative globale qui tient compte des arrières-plans, des réalités cachées, permet de faire des choix plus judicieux, tout en prenant en considération les découvertes de la recherche moderne, l'acquis de la tradition et le savoir faire pratique de toute agronomie.

Chaque domaine agricole a sa personnalité

La biodynamie attache une importance tout à fait particulière à la notion d'organisme et d'individualité agricole, notion qui dépasse largement l'idée habituelle qu'on se fait d'une ferme.


1* Ce point de vue s'accorde également avec le paradoxe onde/particule de la physique moderne et la description de la matière par la mécanique quantique qui attribue à chaque corpuscule une « onde qui, en s'étendant à l'infini, a une singularité mobile à existence permanente » (Louis de Broglie).


Partant du principe que, tel un individu, chaque domaine a son caractère et sa personnalité spécifiques, elle porte une attention spéciale aussi bien à la recherche de symbioses entre sol, végétaux, animaux et êtres humains qu'aux perspectives sociales et à l'intégration de la ferme dans le tissu écologique, économique et culturel de son environnement. Outre de proposer un élargissement des bases scientifiques, la biodynamie cherche donc aussi à élargir les bases socio-économiques et culturelles de l'agriculture.

Cette nouvelle vision de la ferme en tant qu'organisme vivant et unité de base du paysage agricole et social conduit obligatoirement à une appréciation nouvelle des moyens de production, du cadre du domaine ainsi que du rôle du paysan. Forêt et zones humides, haies et bosquets, flore et faune sauvages, organisation sociale et aspects culturels, tous considérés comme parties intégrantes de l'organisme agricole, sont tout aussi importants que prairies et champs, animaux d'élevage et cultures, vergers et ruchers, matériel et réalité économique. Le paysan s'appréhende alors non seulement en qualité de technicien mais encore en celle de « chef d'orchestre » cherchant à harmoniser cet ensemble et à lui insuffler progressivement son individualité.

Des pratiques agricoles qui respectent la nature et les animaux

L'élargissement des bases scientifiques aux influences supra-sensibles et lointaines fait renaître en l'homme une nouvelle sensibilité et un plus grand respect face au monde du vivant et aux liens qui l’unissent aux paysages, aux plantes et aux animaux, qu'ils soient sauvages ou domestiques.

L’animal domestique, fidèle compagnon de route et serviteur de l’homme depuis la nuit des temps, se trouve au centre des préoccupations du biodynamiste. Il considère que c’est son devoir le plus élémentaire de le choyer, de le protéger, de l’élever, de l’enoblir et de lui assurer des conditions de vie qui reflètent gratitude et respect y compris le respect de son intégrité physique : des bovins avec des cornes, des porcs et les moutons avec leurs queues ou les volailles avec leurs becs. Les cornes des bovins, par exemple, sont considérées comme des organes participants pleinement à la physiologie de ce ruminant et elles ont sans doute une importance particulière dans les phénomènes de la digestion et par là même dans la qualité intrinsèque des productions de lait et de viande.

En ce qui concerne la production, on se limite à un rendement qui est en accord avec les capacités de l'animal. Pour la plupart des races bovines laitières, par exemple, 4000 à 5000 litres par an paraît une quantité raisonable qui permet de se contenter de fourrages grossiers, d'avoir des conditions physiologiques correctes et de fournir un lait dont la qualité peut être reconnue par sa facilité de transformation et par ses qualités organoleptiques.

En acquérant une compréhension plus vaste du vivant, la biodynamie a pu mettre au point une série de préparations catalytiques qui permettent d'améliorer la qualité de la fertilisation et d'agir sur divers processus essentiels dans la nature dont notamment ceux liés à des éléments clefs pour l'agriculture tels que silice, calcium, potasse, phosphore, sodium, azote, hydrogène, oxygène, carbone et souffre. Ces préparations sont pulvérisées sur le sol, les cultures, ou encore employées dans l'élaboration du compost. Dérivées du quartz, de la bouse de vache et de plantes médicinales — telles que l'achillée mille-feuille, la camomille, l'ortie, l'écorce de chêne, le pissenlit, la valériane et la prêle — lesdites préparations stimulent les forces vitales du sol et des plantes. Favorisant en outre l'équilibre entre différentes forces cosmiques et terrestres, elles sont aussi à l'origine d'une pédofaune et d'une pédoflore plus diversifiées et plus abondantes ainsi que d'un meilleur enracinement et d'un développement plus harmonieux de la plante (voir annexe B). Par le biais d'une rhizosphère mieux développées, ces facteurs contribuent non seulement à un meilleur équilibre nutritionnelle et sanitaire de la plante mais encore à une meilleure qualité gustative et alimentaire des récoltes.

Appuyées par une série de pratiques et de remèdes de conception nouvelle visant à freiner le développement des adventices et des parasites, et par un travail organisé dans la mesure du possible en fonction des influences solaires, lunaires et planétaires, ces préparations — même employées à dose homéopathique — aident à réduire les problèmes de maladies et de salissement des cultures, mais aussi à améliorer la qualité des produits récoltés.

Redonner au sol sa vitalité féconde

L'utilisation du terme "plantes médicinales" fait évidemment allusion à la maladie et à l'apport de soins thérapeutiques, deux notions essentielles de l'agriculture biodynamique dont les pratiques cherchent à favoriser un bon équilibre et une bonne santé à tous les échelons de la pyramide biologique. Estimant que la terre et la nature sont à ce point dégradée qu'elles ne sont plus capables de se régénérer elles-mêmes, ce courant agricole considère que, pour survivre et s'épanouir, l'humanité doit acquérir une compréhension nouvelle et profonde des lois du vivant dans l'objectif de redonner au sol sa vitalité féconde, vitalité indispensable à la santé des plantes et des animaux, les deux piliers de l'équilibre physique et psychique de l'homme.

Un meilleur équilibre et une plus grande autonomie du domaine agricole

La biodynamie cherche à limiter les apports extérieurs par des méthodes culturales plus respectueux de la vie du sol, une meilleure gestion de la fertilisation et de la rotation des cultures ainsi qu'une conduite et une alimentation mieux adaptées aux besoins physiologique des animaux. Ce type de démarche permet un équilibre et une autonomie accrus du domaine qui, en même temps, se trouve mieux protégé contre toute sorte de contaminations et d'aléas venant de l'extérieur tels que ESB, fièvre afteuse, peste porcine ou grippe aviaire.

L'agriculture biodynamique dans le monde

A l'origine du développement de l'agriculture biologique en Europe, la biodynamie a d'abord bénéficié d'un accueil favorable dans les pays de langue allemande et anglaise, notamment en Allemagne, en Suisse et en Australie. En 1947, Alex Podolinsky, l'un des pionniers de la biodynamie, a émigré en Australie, pays réputé pour ses obstacles climatiques et la pauvreté de ses terres. Grâce à ses efforts, plus d'un million d'hectares y sont désormais cultivés de cette manière, sur des superficies comprises entre celle de la petite fermette et celle du ranch de 10 000 hectares. En très peu de temps, des terres considérées comme trop pauvres ou « lessivées » par des pratiques culturales ruineuses, ont été transformées en champs et prairies luxuriants. Aujourd'hui ces terres revitalisées produisent des récoltes abondantes de céréales dont une partie est exportée vers l’Europe et le Japon où elles sont recherchées pour leur excellente qualité.

Demeter : marque mondiale des produits de l'agriculture biodynamique

Précurseur en matière d'agriculture biologique avec presque cinquante ans d'avance, le mouvement biodynamique, pour identifier ses produits auprès du consommateur, a créé la marque "Déméter" — du nom de la déesse des fruits de la terre dans la mythologie grecque. Son cahier des charges et son programme d'homologation et de contrôles (qui comprend également les dispositifs en matière d'agriculture biologique de la Communauté Européenne), sont parmi les plus stricts et visent à garantir la qualité irréprochable des produits vendus sous ce nom. En Suisse surtout ainsi qu'en Allemagne, enAutriche et dans les pays scandinaves, les céréales, les fruits et les légumes qui portent le label "Déméter" sont tellement recherchés qu'ils justifient souvent un prix nettement plus élevé que celui du "bio" conventionnel (10 à 50 % pour le blé par exemple).

L'intérêt de la biodynamie confirmé par des études officielles

Aussi étonnant que cela puisse paraître aux esprits cartésiens, la biodynamie, lors de ces 75 dernières années, a largement démontré son efficacité ainsi que la réalité incontestable des influences cosmiques et des effets souvent spectaculaires de doses infimes de ses préparations aussi bien sur la vie et la structure du sol que sur le développement et la santé des plantes (voir annexe A, B et C). Au-delà des preuves faites sur le terrain ou apportées par les chercheurs qui ont contribué au développement de cette forme d'agriculture et de jardinage, la grande valeur de l'approche biodynamique se confirme au travers de nombreuses études effectuées par des organismes privés et gouvernementaux de plusieurs pays européens.

Une étude allemande a notamment démontré que, malgré un poste de main-d'oeuvre plus important (+30% à +50% par rapport à la moyenne régionale, en partie dû à des transformations effectuées à la ferme) et des rendements plus faibles (-5% à -25%), les fermes biodynamiques font apparaître un revenu net à l'hectare jusqu'à deux fois supérieur — tout en créant des nouveaux emplois. En effet, les rendements plus faibles sont largement compensés par des prix de vente plus élevés et des coûts globaux de production plus bas. Et comme les produits sont de meilleure qualité, les rendements en valeur nutritive sont de loin supérieurs (selon deux études du Ministère de l'Agriculture de Bade-Würtemberg, effectuées entre 1971 et 1974) Une étude sur le bilan économique national de la reconversion en biodynamie de l'ensemble de l'agriculture hollandaise effectuée en 1989 pour la Triodosbank par le cabinet de conseil Berenschot, stipule que, hormis les aspects qualitatifs et les effets à long terme difficiles à chiffrer, le coût global de la production agricole serait réduit d'au moins 5 % (Bankspiegel n˚ 107, novembre 1990). D’autres études montrent des effets positifs des préparations biodynamiques sur le taux de germination du blé (Hagel 1988), l’absorbtion du gaz carbonique par les feuilles (effet photosynthèse – König 1988), la conservation des légumes et la qualité alimentaire (Abele 1978, Elsadi 1982). Une étude récente sur la consommation d’aliments issus de l’agriculture biodynamique (marque Demeter) dans un monastère allemand a mis en évidence une amélioration du bien-être aussi bien physique que psychique des participants (Klosterstudie Huber et al. 2005).

Une comparaison à long terme commencée en 1978 par l'Institut de recherche de l'agriculture biologique de Frick en Suisse (FIBL/IRAB) et poursuivie aujourd'hui en partenariat avec l'Institut Fédéral d'Agroécologie, montre également des différences significatives entre les agricultures conventionnel, biologique et biodynamique. Malgré le labour classique, l'utilisation d'outils animés et la taille minuscule des parcelles, la biodynamie s'est notamment distinguée au niveau du sol par une moindre acidité (pH plus élevé), un taux de matières organiques plus élevé, une meilleure structure et stabilité (moindre tendance à l'érosion, la compaction et la battance), une plus forte activité microbienne et enzymatique, une Rhizosphère mieux développée ainsi qu'une plus grande diversité de la pédofaune. De plus, les parcelles biodynamiques n'ayant reçu que les préparations biodynamiques sans aucune fertilisation pondérable depuis 21 ans interpellent les experts et semblent contredire les théories agronomiques classiques (voir Annexe B). Des méthodes d'analyse holistiques - dont notamment la cristallisation sensible et la chromato-graphie, qui cherchent à mettre en évidence les forces vivantes et l'harmonie constitutionnelle d'un aliment - ont permis une distinction claire et reproductible des produits biodynamiques (La recherche agronomique en Suisse, publication spéciale en 1995 de l'Office Fédéral de l'Agriculture ; Dossier IRAB n°1, mai 2001 ; SCIENCE Vol 296, 31 May 2002 : Soil fertility and Biodiversity in Organic Farming).

La biodynamie en France

En France, la biodynamie est pratiquée sur quelques 700 domaines. Aidé par la contribution qu'elle apporte au niveau gustatif et de l'expression du terroir (AOC), elle a notamment acquis un certain prestige en viticulture ou de plus en plus de domaines de grand renommé la pratiquent soit sur une partie soit sur l'intégralité de leur vignoble.

Conclusion

En s'intéressant aussi bien aux questions agronomiques et économiques qu'aux aspects sociaux et environnementaux, la Biodynamie apporte des solutions concrètes et constructives aux problèmes qui se trouvent aujourd'hui au centre du débat agricole, alimentaire, écologique et social : fertilité du sol, santé et bien-être des animaux, équilibre sanitaire des cultures, qualité et conservation des aliments, agriculture durable, l'organisation sociale et le rôle du paysan dans la production agricole, équilibres économiques et financières, sauvegarde du patrimoine rurale, protection des ressources naturelles et notamment de l'eau et de l'air. Or, c’est uniquement par une approche qualitative globale comme elle est proposée par la biodynamie qu’on peut espérer trouver des solutions face aux dérappages et aux impasses qui ne cessent de se multiplier.


Bibliographie

Rudolf Steiner : Agriculture, Fondements spirituels de la méthode biodynamique ("Cours aux
agriculteurs")
Éditions anthroposophiques romandes, 11, rue Verdaine 1204 Genève / Suisse

Annette Robert, Jean-Michel Florin :
Agriculture / environnement Dossier n° 4 CEDRE (Centre Européen de développement régional)
20 place des Halles, 67000 Strasbourg

H. H. Koepf : La recherche bio-dynamique – méthodes et résultats,
Mouvement de culture biodynamique, 68000 Colmar

F. Sattler, E. v. Wistinghausen : La Ferme Biodynamique
1987, éditions Ulmer (en France : Arts Graphiques Européens, 92350 Le Plessis-Robinson)

Peter Tompkins, Christopher Bird : La vie secrète du sol, 1990, Robert Laffont, Paris

Pierre Masson : Guide pratique de la Biodynamie (Mouvement de culture biodynamique, 68000 Colmar)

IRAB/FIBL (Institut de recherche de l'agriculture biologique) et FAL (Station fédérale de recherche en agroécologie et en agriculture) Dossier N°1, May 2001 : Résultats de 21 ans d'essai DOC : Le bio améliore la fertilité du sol et la biodiversité

SCIENCE Vol 296 31 May 2002 : Soil fertility and Biodiversity in Organic Farming


Liens Internet

www.bio-dynamie.org

www.biodynamie-services.fr

www.ecodyn.fr



Ulrich Schreier Château de Vernoux 49370 Le Louroux Béconnais
tel : +33 (0)2 41 77 48 45 · fax : +33 (0)2 41 77 43 37 · e-mail : ulrich.schreier@gmail.com

Annexe A

Effet des préparations biodynamiques sur la structure du sol

Carotte de sol prise dans un vignoble en Alsace (sol siliceux. En haut : parcelle en biodynamie En bas : parcelle limitrophe en conventionnel) photo Pierre Masson 2003

Extrait d’un article paru dans Science le 31 mai 2002

Fig. 3 Surface des sols biodynamique (A) et conventionnel (B) dans les champs de blé d'hiver. Les déjections de vers de terre et les pousses d’adventices sont plus fréquentes dans le terrain biodynamique. La désagrégation des particules du sol dans les terrains conventionnels mène à une surface plus lissée. L'écartement des rangs de blé est de 0.167 m. Source : T. Alföldi, Institut de Recherche d'agriculture biologique [Forschungsinstitut für biologischen Landbau (FiBL)].

Vignoble en Bourgogne


En 2 ans, la partie en biodynamie a reçu 3 fois la préparation 500 (bouse de corne - 100 g/ha dans 40 l d’eau) et 5 fois la préparation 501 (silice de corne - 3g/ha dans 40 l d’eau)

Annexe B

Essais DOK – cultures de blé conventionnelle et biodynamique


Photo prise par Heini Heer le 28 juin 2000 à 16h10

Parcelle de gauche :

Blé d’hiver conventionnel
Avec fertilisation minérale





Parcelle de droite :

Blé d’hiver en biodynamie
sans fertilisation depuis 20 ans
Chaque année depuis 20 ans, la parcelle a reçu uniquement les préparations 500 (bouse de corne) et 501 (silice de corne)

Annexe C

IInfluence du lisier traité par les préparations biodynamiques sur la croissance des racines du haricot nain
(publié dans Biodynamis N°31 – Automne 2000)

Une étude menée en 1978 montre comment le lisier frais, non traité agit en inhibant la croissance. L'aération, l'apport de bentonite et les préparations biodynamiques du compost dans le lisier permettent à la plante de mieux supporter le lisier. On le constate sur le rendement, la composition floristique des prairies (plus de trèfle) et la croissance des racines. C'est ce dernier aspect que nous présentons ci-dessous


Dans sa thèse, le D’ABELE présente une étude sur la formation des racines, dans laquelle il compare les effets du lisier, traité ou non par les préparations biodynamiques. L'étude est réalisée au moyen d'aquariums remplis de terre (30x80x1 cm) dont on place les parois à l'obscurité. Il est possible ainsi de visualiser le développement racinaire du haricot nain dans l'aquarium. Dans le diagramme D-2, on a présenté trois des quatre variantes de cette étude. On s'attachera à en décrire l'aspect qualitatif dans ce qui suit. 1- Lisier non traité : Les plantes forment un pivot racinaire qui n'est que très faiblement ramifié. Peu de racines occupent les 30 à 40 premiers centimètres du sol. On en trouve encore moins à une profondeur comprise entre 40 et 80 cm et aucune n'atteint le fond de l'aquarium. La forme des racines est contournée et irrégulière. Cette image reflète une croissance typiquement entravée par du lisier non traité. 2- Lisier aéré et additionné de bentonite : La racine centrale y atteint le fond de l'aquarium. Dans la moitié supérieure, se développe un enracinement aux ramifications régulières. Dans la moitié inférieure, on rencontre quelques racines qui occupent l'espace

disponible d'une manière plus lâche. On ne retrouve plus ici l'effet inhibiteur observé sur la croissance du premier variant.

3- Comme en 2, avec les préparations biodynamiques destinées au compost : Si on observe la structure générale de l'image racinaire, on voit dominer la tendance verticale. Une série de racines parallèles s'enfoncent plus ou moins régulièrement jusqu'au fond de l'aquarium. Une ramification intense des racines intervient simultanément, si bien que tout l'espace est occupé par un chevelu racinaire dense. L'inhibition de croissance du lisier est non seulement surmontée dans cette variante, mais, comme on l'a observée aussi à de maintes reprises, on constate la formation d'un chevelu racinaire dans lequel domine l'enracinement vertical, favorisé par l'utilisation des préparations biodynamiques. .

Source : ABELE (1978), augmentation du rendement par l'utilisation de lisier traité. Investigation du cycle de maturation du lisier lors de traitements divers et de son
effet sur le sol, la récolte et la qualité des plantes. KTBL-Schrift 224. DARMSTADT.



1 - Lisier non traité 2 - Lisier aéré avec 3 - Comme en 2 + apport d
es

0-40 cm Profondeur


Apport de bentonite


Préparations biodynamiques
40 80 cm Profondeur
Une étude de GOLDSTEIN et KOEPF (1982) sur la germination de grains de blé dans l'eau additionnée de lisier avec ou sans préparations biodynamiques montre les mêmes tendances : Le lisier non traité inhibe les racines qui restent horizontales et le lisier avec préparations favorise une croissance verticale et linéaire des racines